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Alimentation du cacatoès rosalbin : éviter l’obésité et les lipomes

Le cacatoès rosalbin pose un problème que peu d’espèces posent avec autant de netteté : il adore précisément ce qui lui fait du mal. Les cacatoès raffolent des arachides et des graines de tournesol, deux aliments riches en gras et pauvres en calcium comme en vitamine A. Et le rosalbin figure parmi les espèces où les lipomes, ces tumeurs graisseuses bénignes, sont les plus fréquents.

Nourrir un rosalbin, ce n’est donc pas choisir un sachet de graines. C’est arbitrer entre ce que l’oiseau réclame et ce dont il a besoin.

Pourquoi un mélange de graines ne suffit pas

Le manuel vétérinaire Merck est sans détour sur les psittacidés : les régimes strictement composés de graines sont sous-optimaux, quelle que soit la supplémentation, parce que les graines sont déficientes en vitamine A, en protéines — en particulier les acides aminés lysine et méthionine — et en calcium.

Ce « quelle que soit la supplémentation » règle un argument qu’on entend souvent : ajouter des vitamines dans l’eau ne transforme pas un régime tout-graines en ration équilibrée. Le déséquilibre est dans la base, pas dans ce qu’on saupoudre dessus.

VCA le formule côté conséquences : un mélange du commerce donné comme seule nourriture mène à terme à une mauvaise santé et à une espérance de vie potentiellement raccourcie.

Arachides et tournesol : le vrai sujet

C’est le point où le rosalbin se distingue. VCA le note explicitement : les cacatoès aiment particulièrement les arachides et les graines de tournesol, qui sont riches en matières grasses et pauvres en calcium, en vitamine A et en d’autres nutriments.

Cette préférence n’est pas un caprice, c’est un piège. Un oiseau à qui l’on offre un mélange contenant du tournesol trie : il mange le gras d’abord, et laisse le reste. La ration réellement ingérée n’a alors plus rien à voir avec la composition affichée sur le sachet.

Ces graines ne sont pas toxiques — il faut être précis, parce qu’on lit parfois le contraire. Elles sont grasses et pauvres. Occasionnelles et en petite quantité, elles ne posent pas de problème ; en libre-service, elles construisent l’obésité.

Obésité et lipomes : ce qui attend un rosalbin trop nourri

Le Merck est clair sur le mécanisme : chez toutes les espèces de psittacidés, et particulièrement chez les oiseaux de compagnie sédentaires, un excès de matières grasses alimentaires conduit à l’obésité, à des maladies métaboliques, à des maladies cardiaques et à l’athérosclérose.

Le lipome est l’expression la plus visible de cette dérive. VCA range le cacatoès rosalbin parmi les espèces où ces tumeurs graisseuses bénignes sont couramment observées, aux côtés des perruches ondulées, des calopsittes, de certaines amazones et du cacatoès à huppe jaune. Leur formation est associée à une mauvaise alimentation, à l’obésité, à l’hypothyroïdie et à des facteurs génétiques.

Ils apparaissent le plus souvent sous la peau, au niveau du sternum — le bréchet — ou sur l’abdomen, mais peuvent se former n’importe où.

Deux choses à retenir, et une à ne surtout pas faire :

  • pris tôt, la plupart des lipomes répondent au traitement nutritionnel : un passage lent vers une ration équilibrée et pauvre en graisses — granulés, légumes, une petite quantité de fruits — suffit souvent à les réduire ou à les faire disparaître ;
  • la chirurgie devient nécessaire quand la masse gêne l’équilibre de l’oiseau ou a percé la peau ;
  • ne jugez pas vous-même une masse sous la peau de votre oiseau. Toutes les grosseurs ne sont pas des lipomes, et seul un vétérinaire aviaire peut faire la différence. Cet article explique un lien alimentaire, il ne remplace pas un examen.

La base recommandée, et pourquoi la transition doit être lente

VCA situe la cible pour un cacatoès : les granulés devraient représenter environ 75 à 80 % de la ration.

Le chemin compte autant que la cible. La source insiste sur un sevrage lent vers ce régime, et la raison est sérieuse : un oiseau habitué aux graines peut refuser un aliment nouveau, et un psittacidé qui cesse de s’alimenter se dégrade vite. Une restriction brutale, chez un oiseau obèse, est dangereuse plutôt que salutaire.

Concrètement, cela veut dire une bascule progressive, une surveillance du poids et de ce que l’oiseau mange réellement, et l’avis d’un vétérinaire aviaire — surtout si l’oiseau est déjà en surpoids.

Le frais : ce qui compte et ce qui ne compte pas

Fruits, légumes et verdures devraient représenter au plus 20 à 40 % de la ration quotidienne, selon VCA. C’est une part substantielle, mais un plafond, pas un objectif.

Tout le frais ne se vaut pas. La même source écarte les légumes pâles et gorgés d’eau — laitue iceberg, céleri — qui n’apportent pratiquement aucune valeur nutritionnelle. Le volume dans la mangeoire n’est pas un apport.

L’eau propre doit être disponible en permanence, et le frais se retire en fin de journée.

Grit et compléments : inutiles ici

Deux dépenses courantes qui ne servent à rien chez cette espèce.

  • Le grit et le gravier sont inutiles aux cacatoès : ils retirent l’enveloppe de la graine avant d’en avaler l’amande, contrairement aux oiseaux qui avalent la graine entière.
  • Un oiseau dont 75 à 80 % de la ration est constituée de granulés n’a pas besoin de compléments : ils y sont déjà.

Le calcium mérite une nuance : il n’est correctement absorbé qu’en présence de vitamine D3, que l’oiseau fabrique sous l’effet des UVB. C’est le sujet de notre guide sur la lampe UV pour oiseaux.

L’exercice fait partie de la ration

Le facteur que l’on oublie en parlant nourriture : le Merck désigne les oiseaux sédentaires comme les plus exposés. Pour un oiseau en surpoids, VCA recommande de le stimuler à faire de l’exercice au moins deux fois par jour.

Chez un rosalbin, cela passe par du temps hors de la cage sous surveillance, du vol quand l’espace le permet, et de quoi s’occuper — cette espèce s’ennuie vite, et un oiseau qui s’ennuie mange.

Ce qu’on ne donne jamais

  • l’avocat et l’oignon, potentiellement toxiques et à ne jamais proposer à un oiseau ;
  • le chocolat ;
  • tout produit contenant de la caféine — café, thé, sodas ;
  • les boissons alcoolisées.

Ces quatre-là ne relèvent pas du dosage : ils n’entrent pas dans la cage.

Une espèce réglementée

Le cacatoès rosalbin (Eolophus roseicapilla) relève de l’annexe II de la CITES, soit l’annexe B de la réglementation européenne. En pratique, cela se traduit par une bague fermée posée sur le jeune et un document de cession lors de tout transfert.

Si vous envisagez de faire reproduire vos oiseaux, vérifiez le cadre applicable avant d’installer un nichoir : le sujet est détaillé dans notre guide des nids.

Pour aller plus loin

Les principes communs à tous les psittacidés sont réunis dans notre article sur ce que mange un perroquet. Le même raisonnement graines-contre-granulés, appliqué cette fois à un bec droit exotique, se trouve dans notre guide de l’alimentation du padda de Java. Et pour la période de reproduction, voir la pâtée d’élevage.

Photo : Charles J. Sharp, licence CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Questions fréquentes

Que mange un cacatoès rosalbin ?

Une ration bâtie sur des granulés — environ 75 à 80 % — complétée par 20 à 40 % de fruits, légumes et verdures, et de l’eau propre en permanence. Les graines ne devraient pas constituer l’essentiel de son alimentation : elles manquent de vitamine A, de protéines et de calcium.

Peut-on donner des graines de tournesol à un rosalbin ?

Occasionnellement et en petite quantité, oui. En libre-service, non : les cacatoès adorent le tournesol et l’arachide, qui sont gras et pauvres en calcium et en vitamine A. L’oiseau trie, mange le gras en premier, et sa ration réelle n’a plus rien à voir avec l’étiquette du sachet.

Pourquoi le rosalbin grossit-il si facilement ?

Parce qu’il cumule le goût des aliments gras et, souvent, une vie sédentaire en cage. Chez les psittacidés, un excès de matières grasses alimentaires mène à l’obésité, à des troubles métaboliques, à des maladies cardiaques et à l’athérosclérose — d’autant plus vite chez un oiseau qui bouge peu.

Qu’est-ce qu’un lipome chez un cacatoès rosalbin ?

Une tumeur graisseuse bénigne, fréquente chez cette espèce, qui apparaît le plus souvent sous la peau au niveau du bréchet ou de l’abdomen. Sa formation est liée à une mauvaise alimentation, à l’obésité, à l’hypothyroïdie et à des facteurs génétiques. Toute masse sous la peau doit être montrée à un vétérinaire aviaire : toutes ne sont pas des lipomes.

Un lipome peut-il disparaître avec l’alimentation ?

Pris tôt, la plupart répondent au traitement nutritionnel : un passage lent vers une ration équilibrée et pauvre en graisses réduit souvent la masse, voire la fait disparaître. La chirurgie devient nécessaire lorsqu’elle gêne l’équilibre de l’oiseau ou a percé la peau. C’est une décision vétérinaire.

Comment faire maigrir un rosalbin en surpoids ?

Pas brutalement. La transition alimentaire doit être lente, sous surveillance du poids et de ce que l’oiseau mange vraiment, avec de l’exercice au moins deux fois par jour. Une restriction soudaine chez un oiseau est dangereuse : c’est un accompagnement à mener avec un vétérinaire aviaire.

Faut-il du grit ou des compléments pour un rosalbin ?

Ni l’un ni l’autre dans la plupart des cas. Les cacatoès n’ont pas besoin de grit, puisqu’ils décortiquent la graine avant de l’avaler. Et un oiseau nourri à 75 à 80 % de granulés n’a pas besoin de compléments : ils sont déjà dans l’aliment.

Quels légumes donner à un cacatoès rosalbin ?

Des légumes colorés et nutritifs plutôt que des légumes pâles et gorgés d’eau : la laitue iceberg et le céleri n’apportent pratiquement rien. L’ensemble fruits, légumes et verdures ne doit pas dépasser 20 à 40 % de la ration quotidienne.

Le cacatoès rosalbin est-il soumis à une réglementation ?

Oui. Il relève de l’annexe II de la CITES, soit l’annexe B au niveau européen, ce qui implique une bague fermée et un document de cession lors de tout transfert. À vérifier avant toute acquisition ou reproduction.

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Ensuite, la perruche calopsitte

Thomas Martin · 450 736 lectures

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